Rencontre avec Serge Plagnol, peintre-dessinateur
pour Secrets d’alcôve

Rencontre avec l’art: De quelle œuvre ou de quel artiste êtes-vous tombé amoureux la première fois?

Une de mes premières rencontres avec la peinture fut la découverte des Nymphéas de Monet à l’Orangerie de Paris: somptuosité, émerveillement devant ces toiles immenses qui entourent physiquement le spectateur dans une communion avec la couleur, la lumière, la musicalité de la peinture.


Quelle est la première œuvre d’art que vous avez acquise?

J’ai malheureusement acquis assez peu d’œuvres, et le regret de ne pas avoir acheté un dessin du peintre Gilbert Pastor. L’un des achats très significatifs pour moi est une petite peinture de Vincent Bioulès qui se trouve encore sur le bureau de mon atelier. C'est un intérieur au «canapé»: thème que j’ai repris bien plus tard dans une série de dessins, d’une manière toute différente.


La rencontre avec Jean Klépal: Est-ce à travers ses textes que vous avez d’abord fait la connaissance de Jean Klépal?

J’ai rencontré Jean Klépal tout d’abord par La Galerie de la Gare à Bonnieux, puis cette rencontre s’est développée autour des éditions L’Art et la Manière, et particulièrement autour de la revue La Fabrique à laquelle j’ai collaboré dès le premier numéro. Le rapport écriture peinture est devenu par la suite important dans nos relations.


Comme on ne se lasse jamais de contempler certaines toiles, y a-t-il un livre, un texte que vous relisez régulièrement?

Je navigue à travers les livres qui sont, par exemple, posés sur la table de mon atelier, qui sont donc en relation avec ma peinture : Rimbaud, Amers de Saint-John Perse, Le Paradis de Dante, quelques livres récents sur le taoïsme et la pensée chinoise de la peinture. Belle du seigneur d’Albert Cohen est là dans un coin de la table. En ce moment, il y a sur une pile à droite: Odyssée Maritime de Pessoa. J’avoue relire régulièrement des poèmes venus d’Amers de Saint-John Perse. J’ai écrit dans des peintures des fragments de ces poèmes ainsi que certains extraits d’Höderlin. Je suis entouré aussi des textes des amis écrivains avec qui je dialogue : Klépal, Migozzi, Restrat, Sarré, Butor, Juliet.


Êtes-vous un grand lecteur? Un écrivain en particulier vous a-t-il donné le goût de la lecture?

Ici je pense avoir répondu, les textes peuvent déclencher le désir de peindre – récemment des descriptions de paysages et de femmes par Julien Gracq dans ses romans.


Comment définiriez-vous le lien qui unit l’art visuel et la littérature?

J’ai envie de dire «à la chinoise», que l’écriture et la peinture sont liées «à la chinoise»: le geste du dessin (ou de la calligraphie) et celui de l’écriture sont proches. Dans la pensée chinoise, l’écriture et la peinture participent d’un même espace.