Rencontre avec Nelly Delay, préfacière et chargée d'édition
pour D’un instant à l’autre
Comment avez-vous découvert Kingado Nanzan?
En 1981, j’ai participé avec Jacques Bussy – un amoureux de la culture japonaise comme moi – à l’élaboration du catalogue d’exposition de la galerie Janette Ostier consacré aux dessins japonais des 18e et 19e siècles. Les carnets de Nanzan en faisaient partie.
Savez-vous d’où provenaient ces carnets?
Ils appartenaient à un collectionneur de Bourges qui trois ans plus tôt les avait cédés à la galerie.
Kingado Nanzan a-t-il réalisé d'autres dessins?
Nanzan a toujours dessiné. Depuis tout petit, et pour son propre plaisir. Ses dessins, je crois, gardent la hâte, la spontanéité, parfois aussi la négligence de la jeunesse. C’est probablement ce qui donne ce «ton» si particulier à son travail.
Où peut-on voir ces autres dessins?
Hélas, on ne sait pas où les trouver.
Quelle place occupe Kingado Nanzan dans l'histoire de l'art japonais? Quelle est son influence sur les artistes d’aujourd’hui?
Nanzan était un excellent élève de l’école naturaliste Shijo. Mais il s’en détacha très vite et développa son propre style. Ses travaux proposaient une nouvelle manière de regarder le monde, de l’analyser, de le saisir. Loin des modes de son pays, comme le baroque de Hokusai ou le dépouillement philosophique des moines Zen. Ce qui est remarquable chez Nanzan, c’est l’influence inattendue qu’il a exercée sur l’Occident. On peut observer des similitudes chez Fabre, Van Gogh ou encore dans les Carnets de croquis de Pierre Bonnard publiés chez Ides Et Calendes en 2007. On retrouve la même connaissance parfaite de la nature, et surtout la même manière de sentir, de percevoir.